Le SIDA, le défi médical

Le virus du SIDA

Le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) attaque le système immunitaire et affaiblit les systèmes de défense des personnes contre les infections et certains types de cancer. Comme le virus détruit et altère la fonction de certaines cellules immunitaires, les personnes infectées deviennent progressivement immunodéficientes.

virus de l'immunodéficience humaine

La fonction immunitaire est généralement mesurée chez les personnes séropositives par le taux de CD4, c’est-à-dire le nombre d’un certain type de globule blancs par millilitre de sang. Si le taux est inférieur à 500, on considère que c’est une situation d’immunodéficience.

L’immunodéficience a pour conséquence une vulnérabilité accrue à un large éventail d’infections et de maladies que les gens au système immunitaire sain peuvent combattre.
Le stade le plus avancé de l’infection par le VIH est le syndrome d’immunodéficience acquise (SIDA), qui peut prendre 2 à 15 ans à se développer, selon les individus. Le SIDA est défini par le développement de certains cancers, d’infections ou d’autres manifestations cliniques graves.

Signes et symptômes

Les symptômes du VIH varient en fonction du stade de l’infection. Bien que les personnes infectées par le VIH aient tendance à attraper plus d’infections dans les premiers mois, beaucoup ignorent leur statut jusqu’à des stades avancés de la maladie. Les premières semaines après l’infection initiale, les personnes peuvent ne ressentir aucun symptôme ou un simple état grippal: fièvre, maux de tête, éruption cutanée, maux de gorge.
Comme l’infection affaiblit progressivement le système immunitaire, un individu peut développer d’autres signes et symptômes, tels que des ganglions lymphatiques enflés, des pertes de poids, des diarrhées, des toux… Sans traitement, elles peuvent aussi développer des maladies graves telles que la tuberculose, la méningite cryptococcique, des cancers (entre autres des lymphomes et le sarcome de Kaposi).
Beaucoup de nos enfants ont été atteints de tuberculose pulmonaire, parfois sous des formes résistantes aux traitements classiques. En ce mois de décembre 2015, nous avons dépisté un cas de tuberculose pulmonaire à son stade initial chez l’une de nos enfants, tandis qu’une autre enfant est dans un état critique de tuberculose qui se généralise : à l’abdomen, à la moelle épinière et maintenant la poitrine.
Orphelins atteints du sida en Inde

Thérapie antirétrovirale

Il n’existe pas de traitement pour guérir du SIDA. En revanche, les médicaments antirétroviraux (ARV) sont un traitement efficace pour juguler le virus et en contrôler la réplication virale. Renforçant le système immunitaire des personnes porteuses du VIH, le traitement antirétroviral leur permet ainsi de poursuivre une vie saine et active.

Une expérimentation en 2011 a confirmé que si une personne séropositive adhère à une thérapie antirétrovirale efficace, le risque de transmettre le virus à un partenaire sexuel non infecté peut être réduit de 96%.
En septembre 2015, l’OMS a publié des lignes directrices sur le moment indiqué pour démarrer un traitement antirétroviral et sur la prophylaxie préexposition du VIH : Guideline on when to start antiretroviral therapy and on pre-exposure prophylaxis for HIV. Il y est préconisé que toute personne infectée par le VIH doit commencer le traitement antirétroviral dès que possible une fois le diagnostic posé.
Sur la base des nouvelles recommandations de l’OMS – traiter toutes les personnes vivant avec le VIH et proposer les antirétroviraux comme moyen supplémentaire de prévention aux personnes exposées à un risque « important » –, le nombre des personnes remplissant les conditions requises pour ce traitement passera de 28 millions à 37 millions. L’extension de l’accès au traitement est au cœur d’une nouvelle série de cibles pour 2020 ayant pour but de mettre fin à l’épidémie de SIDA d’ici à 2030.

Prophylaxie pré-exposition (PrEP) et post-exposition (PPE)

La PrEP du VIH par voie orale consiste pour les personnes séronégatives à prendre quotidiennement des ARV pour bloquer l’acquisition du VIH. Plus de 10 études contrôlées randomisées ont démontré l’efficacité de la PrEP pour réduire la transmission du VIH dans un certain nombre de populations, dont les couples hétérosexuels sérodiscordants (un partenaire est infecté et l’autre pas).

La prophylaxie post-exposition (PPE) consiste à prendre des ARV dans les 72 heures suivant une exposition au VIH pour prévenir l’infection. La PPE comporte le conseil, les premiers soins, le dépistage du VIH et l’administration d’un traitement ARV pendant 28 jours avec suivi médical.

L’élimination de la transmission mère-enfant du VIH

On appelle transmission verticale ou transmission mère-enfant (TME) la transmission du VIH par une mère séropositive à son enfant au cours de la grossesse, du travail, de l’accouchement ou de l’allaitement.

En l’absence de toute intervention lors de ces circonstances, les taux de transmission se situent entre 15 et 45%. Sans traitement, environ 15-30% des bébés nés de femmes séropositives seront infectés par le VIH pendant la grossesse ou l’accouchement. Un autre 10-20% seront infectés par l’allaitement maternel.
L’OMS recommande plusieurs options pour la prévention de la TME (PTME), dont notamment l’administration des antirétroviraux aux mères et aux nourrissons, pendant la grossesse, à l’accouchement et durant la période post-natale. On peut aussi proposer le traitement à vie pour les femmes enceintes séropositives, quelle que soit la numération des CD4.
la lutte contre le sida